#21. Alix Girod De L’Ain, mon idole

Cette journaliste est géniale. En plus de porter le même prénom que moi, elle a une plume merveilleuse. Cet été, pour Elle, elle nous emmène à la rencontre de politiques sur leur lieu de vacances. Et peu importe le personnage (cette semaine François Hollande, -qui, comme chacun sait, a perdu quelques kilos en passant par la case Régime Dukan-), son récit est juste extraordinairement drôle. Morceaux choisis.

LUNDI
Officiellement, je suis venue tester le candidat normal pour les lectrices de ELLE, mais la vérité, c’est que mes chefs m’ont donné une mission : le faire manger. « Ca lui va pas d’être tout maigre, les Français ne voteront jamais pour Franklin la Tortue, va donc nous le remplumer, Alix. », a ordonné ma chef blonde, celle qui faire une taille 00 et n’a pas avalé de lipides depuis 2004. [N’empêche, elle est pas bien épaisse non plus ladite Alix… Si si, je l’ai vue en vrai]

MARDI
Tandis qu’il mâchonne, pensif, sa galette au lait écrémé, je fais lentement glisser vers lui quelques morceaux de croissant, mais il les repousse en regardant tout autour, l’air paniqué. Que craint le candidat à la primaire socialiste? Que Pierre Dukan jaillisse de nulle part, avec une seringue punitive de Mediator? [alors ça, j’adore]

JEUDI
Au fil des quarts Badoit, nous réussissons pourtant à avoir un véritable échange, lui et moi. Alors que la serveuse m’amène mon cinquième demi, j’ai une illumination : François Hollande doit absolument poser un acte fort de candidat de gauche! Quoi de plus convivial, quoi de plus normal, que dis-je, que d’organiser une grande fête, avec tous ses amis, au coeur de cete été 2011? François blêmit : « Oh non, je viens de faire les sols » Je crie : « Et un pique-nique géant? En extérieur? Ca salirat rien, promis! » « Ok, mais un barbecue alors, c’est Dukan compatible, tandis que les clubs-sandwiches, c’est pas de la protéine pure« .

VENDREDI
Nous accueillons les invités et les bonnes surpises se succèdent: alléchés par la perspective de d’un dialogue avant les éléctions, ou celle d’un repas chaud gratuit, allez savoir, des représentants du NPA, de Lutte Ouvrière, et même du Parti Communiste, sont venus!
Le candidat normal me lance un sourire bizarre, puis il attrape un saladier de chips et le descend d’un coup tout seul. Soit 4000 calories. J’ai relevé mon défi.

#19. « I love new clothes. If everyone could just wear new clothes everyday, I reckon depression wouldn’t exist anymore. » [S. Kinsella]

Je voudrais vous présenter ma nouvelle petite robe magique. Claudie Pierlot, collection été 2011. J’ai fait sa connaissance en version rouge lors de ma dernière virée shopping dominicale; j’ai pris mon mal en patience et parié sur un prix plus bas à Paris. Pari gagné, mais en nude ou en noir. Intéressant. Nous voilà donc, elles (la robe noire et la robe nude) et moi bien installées dans l’une des cabines du salon d’essayage du Bon Marché. Mais attention, je précise, pas la vulgaire cabine au milieu d’autres ; vous savez, celle devant laquelle vous faites la queue avec votre butin dans/sur les bras pendant X minutes pour demander une plaquette avec un numéro, [genre on a peur que t’en oublie un au passage], avec le rideau qui ferme jamais vraiment complètement, la lumière grise qui fait un teint d’endive et fabrique de la cellulite à des endroits incongrus, avec le pauvre crochet impotent au mur (d’où la question fatidique « mais je les mets où tous les cintres pleins de fringues? ») et le mini tabouret trop mini pour poser quoi que se soit… Non, un vrai beau truc qui mérite le nom de salon quoi.

Cette robe est magique. On la passe, on la zippe et on la jurerait taillée juste spécialement et exactement pour nous. Coup de foudre. Plus rien ne compte, ni l’avis de la vendeuse (quoique, toujours bon à prendre, le compliment), ni le reste de son dressing. Après une longue hésitation (la noire : classique, sobre, élégante ; la nude : originale, classe, et j’adore cette couleur elle est à tomber) je choisis la nude. Juste parce que nous sommes faites pour aller ensemble. Je l’aime et qu’elle a illuminé ma journée.

#8. L’homme est un animal insatisfait qui hésite entre plusieurs frustrations. [F. Beigbeder]

Grande problématique que celle du choix. Parce que choisir, c’est forcément renoncer à ce qu’on a écarté… Escarpins bleus ou ballerines noires, fromage ou dessert, vanille ou chocolat, Ségolène ou Nicolas (bon ok, mauvais exemple)…

L’homme moderne enchaîne les possessions. Mais tant qu’il puisse consommer, il ne pourra jamais satisfaire tous ses besoins ; besoins qu’il s’est d’ailleurs inventés lui-même ; bien joué le marketing.

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